In the Chamber -- Grant Mitchell's Blog

Une leçon de leadership de Wainwright

Posted 10/2/2011 by Grant Mitchell

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J’ai vécu une expérience remarquable à Wainwright, en Alberta, il y a quelques semaines de cela. J’ai passé deux jours avec la milice canadienne dans le cadre d’un vaste jeu de guerre puis pratiquement deux jours complets avec l’état-major de l’armée et des membres des comités de la défense du Sénat et de la Chambre des communes et dont le point culminant a été l’observation d’un exercice de tir réel.

Quelque mille membres de la milice ont participé au jeu de guerre. L’armée possède un système très sophistiqué de capteurs au laser que portent tous les participants et qu’on fixe aussi aux véhicules. Les armes tirent des rayons laser en même temps que des balles (bruyantes) à blanc. Le système détermine qui est « tué » qui est « blessé » et si les véhicules sont endommagés ou détruits. L’artillerie est reproduite sur le jeu par modélisation informatisée.

Les planificateurs militaires ont créé un scénario dans lequel un pays avait envahi son voisin à cause de tensions de longue date découlant de litiges frontaliers et de contestations visant des champs pétrolifères. Dans le scénario, on faisait appel aux forces de l’OTAN pour repousser les envahisseurs. Le Canada devait nettoyer et sécuriser un vaste secteur et il y avait quelques points stratégiques où l’on croyait trouver d’importantes concentrations d’envahisseurs.

J’ai été affecté à une unité de reconnaissance blindée. J’ai pu observer le processus de planification et de briefing qui passe du colonel aux capitaines, puis aux lieutenants et aux sous-officiers et enfin aux soldats. Puis, à 22 h cette nuit-là, j’ai quitté la compagnie dans un « G-Wagon » à quatre places pour une mission de reconnaissance. Notre tâche consistait à installer un poste d’observation pour rendre compte de l’activité à un pont qui serait l’objectif d’une unité d’infanterie le lendemain.

Nos trois équipes réparties dans trois G-Wagons ont traversé la prairie dans la noirceur totale, tous feux éteints. Nous avons trouvé un ravin peu profond qui allait nous servir de cache. Nous avons attendu et patrouillé toute la nuit et transmis les renseignements essentiels au succès de l’attaque. Notre défi consistait à faire tout cela sans être vu par « l’ennemi ». Les ennemis étaient eux aussi du personnel militaire armé de la technologie laser. Nous saurions ainsi qui aurait « remporté » chaque rencontre.

Je suis revenu avec tellement d’impressions intenses. Je me souviens du leadership du jeune caporal-chef qui commandait le véhicule dans lequel je voyageais avec les deux autres soldats qui nous accompagnaient. Il était clair, ferme, sérieux, compétent et axé vers l’action. Il savait diriger et chacun de nous savait implicitement que nous pouvions avoir confiance en lui et nous fier à son jugement. Il avait fait partie de la force régulière pendant sept ans et il avait servi dans une base avancée en Afghanistan. Il est maintenant membre de la milice et il termine son diplôme en philosophie et en psychologie.

J’ai été énormément impressionné par la façon dont les hauts gradés n’imposaient pas un plan à leurs subordonnés. Chaque commandant exposait l’objectif et demandait à leurs subordonnés immédiats de mettre au point le plan pour le réaliser. Ils veulent des soldats qui savent réfléchir.

Je me souviens du jeune soldat avec lequel j’ai fait le guet, presque sans fermer l’œil de la nuit et en endurant ce qui s’est révélé être une nuit très froide. Je me souviens à quel point c’était absolument noir et pourtant, avec quelle efficacité les soldats fonctionnaient dans ces conditions. Je faisais partie de l’équipe qui a ratissé en premier le site que nous avions décidé d’utiliser comme cache. Je ne pouvais littéralement pas voir la personne qui se trouvait à moins de deux mètres de moi. Je me souviens des femmes qui étaient membres à part entière de l’unité, parfaitement intégrées dans cette unité de combat en tant que soldats de première ligne.

L’impression peut-être la plus forte m’a été laissée par le niveau de leadership. Nous avons une force constituée de leaders; le leadership est le moteur de tout ce qu’ils font et ils le font très bien.

Le lendemain, notre unité d’infanterie a pris le pont.

L’exercice de tir réel a aussi été une expérience marquante à bien des égards. Il consistait en une attaque « simulée » sur une position à plusieurs kilomètres plus loin, de l’autre côté d’une vallée peu profonde. Il y a d’abord eu un barrage d’artillerie, suivi des chars d’assaut Leopard I qui ont tiré des munitions réelles de leur canon à quelques mètres de l’endroit où nous nous trouvions. Puis, les véhicules blindés légers ont fait feu avec leurs canons et leurs mitrailleuses lourdes. Toute cette force mécanisée n’a pas tardé à charger dans la vallée, débarquant l’infanterie, prenant d’assaut la position, venant en aide aux soldats « blessés », sans jamais cesser de tirer.

Ce fut aussi une expérience mémorable. Le professionnalisme des soldats (cette fois-ci, des membres de la force régulière) était si évident, à les voir composer avec les subtilités de faire à haute vitesse tout ce qu’ils faisaient tout en coordonnant un tir réel massif. Il était également facile de constater à quel point cette entreprise est violente. Le tir d’un canon de char produit des ondes de choc et de la chaleur que vous pouvez sentir à des mètres de là. Vous pouvez à peine vous imaginer la dévastation et l’horreur que cela provoque à l’autre bout. Tout cela a souligné pour moi toute l’importance d’une décision d’aller en guerre.

J’ai aussi été frappé par l’humilité que nos soldats manifestent face à la puissance brute sous leur contrôle. Je ne les ai pas entendu glorifier ce qu’ils font; il n’y a pas de glorification de la guerre ici.

Toute cette expérience ne m’a pas laissé le sentiment que nous devons être le genre de « nation guerrière » dont le premier ministre parle. Le Canada, comme nation, n’a jamais eu cette attitude. Bien entendu, si nous devons nous battre, nous nous battons. Nous avons une fière tradition de l’avoir fait dans les conditions les plus difficiles, mais ce n’est pas notre nature première et ce ne devrait pas l‘être.

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