In the Chamber -- Grant Mitchell's Blog

Le rôle des partis politiques au Parlement

Posted 6/27/2013 by Grant Mitchell

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J’ai toujours dit qu’aucun système de gouvernement n’a eu plus de succès que le régime parlementaire : il existe depuis près de 900 ans. S’il a duré si longtemps, c’est parce qu’il fonctionne. Et s’il fonctionne, c’est en partie grâce au régime des partis. Il y a aussi d’autres raisons, comme la période de questions, mais j’en parlerai dans un autre message.

J’aimerais exposer et réfuter ci-dessous les critiques qu’on adresse souvent au régime des partis :

1. On lui reproche particulièrement sa « partisanerie ». Ce mot est entendu dans un sens péjoratif : la partisanerie encouragerait le dogmatisme et l’agressivité, et empêcherait la coopération. Or, ce n’est pas une vision exacte de la réalité. Je m’attends certes à ce que les conservateurs soient en désaccord avec moi, mais pas parce que je suis libéral; c’est plutôt parce qu’ils croient que mon point de vue est selon eux erroné. 

Par exemple, même si nous voulions, dans un esprit multipartisan, croire comme les conservateurs que la meilleure façon de réduire la criminalité est d’augmenter le nombre des prisonniers, la réalité est que les faits scientifiques et les arguments éthiques affirment le contraire. Mais les conservateurs continuent de penser que la sécurité passe par l’incarcération.

Si les politiciens peuvent tomber dans le dogmatisme, c’est beaucoup parce qu’ils sont des personnes très déterminées qui tiennent beaucoup à leurs convictions. La preuve qu’il ne faut pas attribuer toute la faute aux partis, c’est que la politique locale – où ils n’existent pas – est aussi le théâtre de conflits et d’impasses.

Et de toute façon, préférerions-nous un système à parti unique, comme en Russie?

2. Autre critique : la discipline de parti empêcherait les élus de représenter les intérêts de leurs électeurs. Il est vrai que, comme c’est le plus souvent le cas dans la vie, il peut exister une tension entre des intérêts différents : par exemple les intérêts des électeurs et ceux du pays (ou de la province/de la municipalité, selon le palier de gouvernement). 

Je me souviens qu’un jour, un agriculteur m’a dit que le député devait défendre les intérêts de sa circonscription avant tout le reste. Je lui ai répondu que dans ce cas, j’espérais qu’il ne demanderait plus jamais le pavage d’une route rurale, parce que les circonscriptions urbaines l’emportent en nombre sur les comtés ruraux au Canada. Voilà qui montre que, parfois, le député doit appuyer pour le bien du pays des décisions qui ne sont pas directement favorables à ses électeurs.

Le régime des partis du système parlementaire est ainsi fait que, parmi diverses solutions à un problème –parfois toutes plus ou moins impopulaires –, une recevra la majorité des appuis.

Si on compare avec les États-Unis, où la discipline de parti compte pour très peu, on voit que les élus échangent pratiquement leur vote contre des avantages pour leurs électeurs. Je me souviens d’un membre du Congrès, par exemple, qui a exigé la construction d’un champ de tir à l’arc dans son district en échange de son appui au renflouement des banques.

Enfin, les gens disent qu’ils n’aiment pas les partis, mais ils ne votent presque jamais pour les candidats indépendants, même ceux qui ont quitté leur parti pour ce qu’ils disent être une question de principe. Les candidats qui ne se présentent pas pour un parti ne sont presque jamais élus.

3. Troisième accusation : la discipline de parti habilite le chef à faire ce qu’il veut de son caucus. Parfois, les chefs essaient, mais ils sont vulnérables quand leur caucus commence à « montrer les dents » : c’est le problème que le Premier ministre Harper a actuellement. Et même si les députés ne se révoltent pas, leur mécontentement a fini par avoir la peau de plus d’un chef. Aucun chef ne peut se permettre de faire complètement fi de son caucus.

Contrairement à ce qu’affirment ses détracteurs, le régime des partis sert le système gouvernemental de trois façons importantes :

1. Il permet l’organisation d’idées disparates sur une large gamme d’enjeux; ainsi réunies en « plateformes », les électeurs peuvent plus facilement faire leur choix aux élections.

2. Il permet la prise de décisions sur les questions difficiles lorsqu’il n’y a pas de solution claire soutenue par la majorité de la population.

3. Il permet aux membres des partis, par leurs débats et les politiques qu’ils mettent au point, d’avoir une influence structurée sur les politiciens.

Tout ça pour dire qu’il ne faut pas croire tout le mal qu’on dit du régime des partis. Il reflète la réalité et facilite la démocratie.

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