In the Chamber -- Grant Mitchell's Blog

L'optimisme

Posted 3/7/2013 by Grant Mitchell

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En cette époque d’idéologie de droite, on a perdu de vue les trois éléments fondamentaux d’une société forte, d’une économie robuste et d’un pays vigoureux.

D’abord, l’économie ne concerne pas seulement l’argent et les chiffres. Il y a bien plus : les gens.

Ensuite, l’économie est forte lorsque la population est optimiste.

Enfin, le Canada n’est pas le pays qu’il est parce que le secteur privé l’a construit à lui tout seul. Par le passé, un gouvernement solide était un gouvernement qui fournissait leadership pour concilier des intérêts conflictuels, inspiration pour parvenir à la réalisation d’objectifs communs fondés sur des valeurs collectives, soutiens en matière de politique sociale équilibrée pour donner à la population la confiance nécessaire pour prendre des risques et intervention économique mesurée pour stimuler la croissance économique et l’emploi.

Or, l’idéologie de droite se fonde sur des principes contradictoires qui vont à l’encontre de ces trois constats. Voici ces principes :

Premièrement, selon l’idéologie conservatrice, l’économie se limite plus ou moins aux flux monétaires (capitaux), aux impôts (toujours plus faibles) et aux coûts (toujours plus bas quel qu’en soit le coût), ce ne sont là que des chiffres.

Deuxièmement, dans l’idéologie conservatrice, il y a toujours des craintes, ce qui est à l’opposé d’un milieu propice à l’optimisme. Elle décrit un monde dangereux, où la criminalité ne cesse d’augmenter et est menaçante (en fait, elle recule, et nous pouvons faire appel à nos connaissances en psychologie et en sciences sociales pour la faire reculer encore plus vite); le terrorisme menace notre existence et nos valeurs (en fait, il n’y a quasiment aucune guerre entre États, et le monde est statistiquement plus sûr qu’il ne l’était il y a 30 ans); les écologistes veulent détruire nos emplois (en fait, la prise en compte de l’environnement et la lutte contre le changement climatique sauveront notre économie et créeront d’énormes débouchés).

À l’opposé, voir le monde comme un vase à moitié plein et non à moitié vide et s’inspirer de ces craintes peut être la source d’un optimisme inspiré. Nous pouvons créer une société où la criminalité est moindre, où chacun se sent en sécurité et où l’on sauve des vies avant qu’elles ne soient détruites par la criminalité; il y a beaucoup à faire pour assurer la paix mondiale, mais l’on progresse vers un monde plus sûr; la protection de l’environnement (la lutte contre le changement climatique, surtout) est le moteur de la vigueur économique, et non son ennemie.

Troisièmement, un gouvernement qui hait le gouvernement n’a qu’un seul objectif, réduire l’appareil gouvernemental. Bien sûr, il importe d’avoir un gouvernement plus efficient. Mais ce n’est là qu’un des multiples moyens d’atteindre les véritables objectifs d’un gouvernement performant, de faire du Canada un meilleur pays et d’améliorer la qualité de vie des Canadiens. Tout PDG vous dira que, si vous établissez le mauvais objectif, vous n’irez pas où vous désirez vous rendre. Nous avons besoin d’un leadership national — celui du premier ministre — pour établir des stratégies dans les domaines, entre autres, de l’énergie, du changement climatique, des soins de santé et de la santé publique, des Autochtones et des garderies.

Il n’y pas de leadership national actuellement sur ces questions et bien d’autres, car l’idéologie de droite exècre le gouvernement et collaborer avec les provinces est perçu comme une ingérence du gouvernement. Aussi difficile que cela puisse paraître, notre premier ministre ne rencontre pas les premiers ministres des provinces pour rallier les ressources, chercher des gains d’efficience dans la prestation de service, résoudre des problèmes communs et établir des priorités nationales. C’est comme si le PDG d’une grande entreprise n’appelait jamais ses vice-présidents pour parler de problèmes, établir des objectifs et orienter ses ressources.

Ce manque de leadership national est surtout manifeste dans le dossier de l’énergie et du changement climatique. Après sept années au pouvoir, le premier ministre n’est toujours pas capable de bâtir un pipeline dans un Canada riche en énergie. Comment une entreprise ou un premier ministre provincial peut-il réunir tous les intérêts conflictuels propres à des projets ayant l’ampleur, l’importance et la complexité nationales des grands projets énergétiques sans l’appui du gouvernement fédéral?

La façon dont le premier ministre a défendu le projet Keystone XL en disant qu’il s’imposait de manière toute naturelle pourrait bien être révélatrice du manque de réflexion apporté à sa stratégie en la matière. Toutes les positions anti-environnementales du gouvernement ne font qu’envoyer à la Colombie-Britannique et aux États-Unis le message que le Canada n’est pas suffisamment engagé en matière de lutte contre le changement climatique, entre autres dossiers environnementaux, pour obtenir l’approbation du public pour mener à bien ces projets.

Le gouvernement conservateur est quasiment absent de tout autre message. Et, même si une entreprise est extrêmement crédible, elle peut difficilement combattre les rumeurs négatives émanant du gouvernement fédéral. Imaginez ce qui se passera lorsque le ministre des Ressources naturelles, dont la responsabilité est de bâtir notre crédibilité en matière environnementale, notamment aux États-Unis, se fera rappeler à Washington qu’il a refusé d’accepter officiellement les fondements scientifiques du changement climatique lorsqu’on lui a demandé de le faire en Chambre.

Imaginez plutôt ce qu’il adviendrait s’il y avait une collaboration, pilotée à l’échelle nationale, entre premiers ministres provinciaux et appuyée par des consultations avec les différents secteurs, les Premières Nations et les chefs d’ONG et le public en général. Imaginez un premier ministre qui pourrait inspirer, au lieu d’épouvanter; un premier ministre ayant la force de poursuivre des objectifs propres à bâtir une nation forte. Ce Canada pourrait être motivé pour se concentrer sur trois éléments critiques d’un avenir prospère : autonomie énergétique, un niveau d’instruction de calibre mondial (qui respecterait les sciences et la recherche) et la certitude en matière d’approvisionnement en eau, le tout s’appuyant sur une démocratie stable, des systèmes de transport et de communications solides et un système de soins de santé publique national.

Rajoutez un gouvernement et un premier ministre qui comprend que le gouvernement a pour fonction de rallier la population (alors qu’un PDG d’entreprise n’a tout simplement pas le programme), et le Canada pourrait de nouveau mener le monde.

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