In the Chamber -- Grant Mitchell's Blog

Économie et environnement

Posted 2/25/2013 by Grant Mitchell

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Les économies dominantes de demain seront celles qui verront les défis environnementaux non pas comme des contraintes onéreuses, mais comme une occasion de se dépasser.

Depuis très longtemps, on nous répète qu’il y a des coûts à s’occuper des enjeux environnementaux et que ces coûts nuisent à notre compétitivité. Or, les gens comprennent de plus en plus qu’économie et environnement sont comme les deux côtés de la même médaille, c’est-à-dire que l’un ne va pas vraiment sans l’autre.

Les risques – économiques, mais pas seulement – qui sont associés aux enjeux environnementaux, notamment aux changements climatiques, sont pour ainsi dire infinis. Et ceux qui croient que l’on va nuire à l’emploi en se préoccupant trop d’environnement auraient avantage à se rappeler le nombre d’emplois qui ont été perdus précisément parce qu’on ne s’en est pas suffisamment préoccupé. Les forêts canadiennes ont été affaiblies par le dendroctone du pin, dont la propagation n’est freinée que par les longues périodes de temps froid, phénomène que nous n’avons pas connu depuis longtemps. Quant au rendement des pêches canadiennes, il ne se situe plus qu’à 40 % de ce qu’il était il y a quelques années à peine, les poissons subissant les effets des changements climatiques sur leur habitat.

À cause des changements climatiques, les orages sont de plus en plus violents, et les dommages qui en résultent sont énormes. Les sécheresses et les inondations, de leur côté, nuisent à l’industrie agricole. Combien a pu coûter l’ouragan Sandy, qui a frappé New York? Combien d’emplois ont été perdus à cause de lui? Les assureurs estiment à 170 milliards de dollars les coûts qui peuvent être attribués annuellement, de par le monde, à la violence sans cesse croissante des tempêtes. C’est quatre fois plus qu’il y a quelques dizaines d’années à peine.

Au contraire, on peut stimuler la productivité et la créativité de l’économie du XXIe siècle en s’attaquant aux changements climatiques. Il suffit de songer aux emplois qui seraient créés si on mettait l’accent sur le développement de l’énergie renouvelable et sur la réhabilitation thermique des bâtiments. Et que dire de la diversification économique qui en résulterait, ou du dynamisme qui animerait le pays tout entier et son économie, s’il fallait que ceux qui nous dirigent se relèvent les manches et s’attaquent à ces défis. Avec des investissements relativement peu élevés de la part du gouvernement, l’Ontario a réussi à mettre sur pied une véritable industrie solaire, laquelle vaut aujourd’hui 42 milliards de dollars. Nous ne devrions pas sous-estimer l’importance économique du secteur du tourisme et des activités de plein-air. Or, pour que ces deux industries fonctionnent à plein, il faut que l’environnement se porte à merveille.

Paradoxalement, c’est dans la lutte aux changements climatiques et autres enjeux environnementaux que se trouve sans doute le seul moyen de soutenir l’économie traditionnelle reposant sur les hydrocarbures. Le Canada vend la totalité de son pétrole et de son gaz aux États-Unis; or, ces derniers atteindront probablement l’autosuffisance d’ici 10 ou 15 ans. Qui plus est, tant que le Canada se limitera au marché nord-américain, il perdra jusqu’à 35 $ du baril par rapport à ce qu’il pourrait obtenir ailleurs dans le monde. Nous aurions donc tout intérêt à diversifier nos marchés.

Nous sommes entrés dans une nouvelle ère. Les retards qu’accusent les projets Gateway et Keystone montrent que, de nos jours, si nous voulons assurer l’avenir de ce secteur essentiel à la bonne marche de notre économie, il faut que les projets d’exploitation du pétrole et du gaz et la commercialisation des produits qui en sont traditionnellement tirés obtiennent l’assentiment du public. Pour ce faire, nous devons prouver que nous entendons nous attaquer sérieusement aux changements climatiques ainsi qu’aux problèmes environnementaux qui y sont associés.

Heureusement, tout n’est pas noir. Le président Obama a parlé, dans son discours inaugural, des effets dévastateurs des changements climatiques. Le maire Bloomberg, de New York, a même appuyé Obama lors des dernières élections parce que ce dernier a conclu que l’ouragan Sandy avait été causé par les changements climatiques. Et selon la présidente du Fonds monétaire international, les changements climatiques constituent le plus important défi économique du XXIe siècle. Ces appels à l’action ne viennent pas de n’importe qui.

De nombreux dirigeants de l’industrie pétrolière et gazière sont d’avis qu’une taxe sur le carbone constituerait le meilleur moyen de leur fournir un certain sentiment de certitude, de centrer l’action économique sur la réduction des émissions et d’envoyer un message on ne peut plus clair au public pour qu’il donne son assentiment. De plus en plus, on voit que les politiciens canadiens comprennent que l’environnement, l’assentiment social et la survie de l’industrie pétrolière et gazière sont inextricablement liés.

Bien qu’on ne manque pas de raisons de respecter et de préserver l’environnement, l’importance de celui-ci pour l’économie constitue probablement la plus probante de toutes. Or, on ne menacera pas l’économie en comprenant cet état de fait et en agissant en conséquence; au contraire, on favorisera ainsi l’émergence d’une économie durable et concurrentielle qui fera l’envie du reste du monde.


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