Speeches | La gestion de l'économie.

13 December 2010

L'honorable Grant Mitchell : Honorables sénateurs, j'aimerais faire quelques observations suivant la tradition voulant qu'on jouisse d'une certaine latitude en ce qui concerne les projets de loi d'exécution du budget de cette nature.

J'aimerais d'abord dire qu'il a été question d'accorder cinq sièges de plus à l'Alberta. Cela m'a fait penser que, si seulement nous avions eu cinq sièges de plus il y a trois semaines, un de ces nouveaux parlementaires aurait peut-être réussi à persuader le gouvernement de faire ce que nos 27 représentants actuels de l'Alberta, les conservateurs, n'ont pas réussi à faire, soit obtenir du financement pour l'Exposition de 2017. Peut-être n'avons-nous tout simplement pas assez de sièges. C'était peut-être cela le problème. Chose certaine, nous n'avons pas assez de sièges occupés par des libéraux.

Ce n'est pas sans quelque appréhension et hésitation que j'ai songé à dire ce que je m'apprête à dire, mais j'y ai été poussé lorsque, jeudi dernier, le sénateur Marshall a posé au sénateur Day la question que voici :

Le sénateur n'est-il pas d'avis, selon l'information dont nous disposons, que le gouvernement est dans la bonne voie en ce qui concerne son plan de dépenses?

J'ai commencé à me demander quels renseignements on pourrait bien fournir pour donner à qui que ce soit l'impression que le gouvernement actuel est dans la bonne voie en ce qui concerne son plan de dépenses. J'aimerais signaler plusieurs domaines dans lesquels, à mon avis, il est si évident qu'il fait fausse route que rien ne me laisse espérer, prévoir ou croire qu'il pourra jamais retrouver la bonne voie. Ce que nous avons vu au cours des cinq dernières années n'était pas fameux et ne s'améliorera sûrement pas au cours de ce que l'on espère n'être que quelques semaines ou quelques mois, avant que soient déclenchées des élections que les conservateurs perdront.

Le premier domaine que j'aimerais aborder est celui de la gestion de l'économie. Je n'ai entendu le gouvernement parler que de deux choses lorsqu'il prétend gérer l'économie, et il en parle souvent même s'il ne peut pas vraiment s'en faire gloire. La première est son programme de mesures de stimulation. Cependant, nous savons tous qu'un tel programme n'aurait jamais vu le jour si le gouvernement n'avait pas été acculé au bord du précipice par l'opposition durant cet épisode tumultueux, il y a deux ans environ, qui l'a forcé à présenter des mesures de stimulation.

En fait, juste quelques semaines avant qu'ils arrivent à cette conclusion et annoncent le programme de relance, le ministre des Finances avait déclaré qu'il n'y avait pas de problème, qu'il n'y avait pas de récession au Canada. Mais le reste du monde savait qu'il y avait une récession. Tous les économistes du Canada, sauf un, le premier ministre, savaient qu'il y avait une récession. L'opposition a forcé le gouvernement à adopter un programme de relance, ce qui a produit une certaine activité économique, quoi qu'elle ne soit en rien comparable à ce qui aurait été obtenu si le programme avait été mis en œuvre correctement. Beaucoup d'éléments montrent que le programme a été mis en œuvre de manière partisane en raison de considérations d'ordre politique.

Deuxièmement, le premier ministre s'arroge souvent le crédit de la force remarquable de notre secteur bancaire. Il est vrai que ce secteur est très fort au Canada, mais je me souviens que ce même premier ministre, avant qu'il accède à ce poste, affirmait que les banques devraient être beaucoup moins réglementées. Il défendait cette position à la manière des républicains aux États-Unis et avec le même vocabulaire.

Les prétentions des conservateurs en fait de saine gestion économique tiennent à deux choses : la première, c'est le programme de relance, qui n'était pas leur idée; la deuxième, c'est un secteur bancaire fort, qui aurait été miné par la première initiative que le premier ministre aurait prise instinctivement et qui aurait consisté à déréglementer ce secteur.

Ce que je veux dire, c'est qu'il nous a fait plaisir de rendre service. Ce sont les libéraux qui ont donné ces deux choses aux conservateurs et c'est une chance qu'ils l'aient fait. Cependant, si on regarde les résultats, on constate que la croissance économique au Canada a beaucoup diminué et on peut en attribuer la cause à la récession mondiale. Le taux de chômage a augmenté de 30 p. 100 et, même si une partie des emplois a été retrouvée, beaucoup des emplois créés ne sont pas des emplois de qualité, mais des emplois temporaires, des emplois à temps partiel et des emplois qui ne sont pas aussi solides et stables que les emplois perdus.

Lorsque le gouvernement affirme qu'il peut gérer une économie, je dis qu'il faut s'arrêter aux faits. Voyons l'information que nous avons sous les yeux. Voyons les résultats parce que ceux qui proviennent du secteur privé savent que les résultats comptent et qu'ils devraient compter ici aussi, mais le gouvernement n'en tient pas compte.

Il y a ensuite la question de la responsabilité financière. Je ne me fie pas un seul instant à la capacité du gouvernement de gérer le régime financier de l'État. Pourquoi me fierais-je à lui? Absolument rien ne prouve qu'il l'ait fait ou qu'il soit capable de le faire. Je vous donne une liste.

Voici un gouvernement qui a augmenté les dépenses de 80 milliards de dollars en quatre ans — 80 milliards de dollars. Entre le jour où il est arrivé au pouvoir et l'exercice financier actuel, les dépenses ont augmenté de 40 p. 100. Voilà le gouvernement qui se veut intransigeant et responsable sur le plan budgétaire : 80 milliards de dollars. Il est incompréhensible qu'il fasse une chose pareille. Cela a occasionné un déficit record de 56 milliards de dollars. Les conservateurs diront que c'est parce qu'ils ont dû mettre en œuvre le plan de relance, mais, encore une fois, je dis qu'ils ne savent pas compter puisque le plan de relance s'élève à combien? Nous avons du mal à le déterminer exactement, mais il s'élève à environ 30 ou 40 milliards de dollars. Disons 35 milliards de dollars. La totalité de cette somme n'a pas été dépensée l'année dernière. Seulement une partie de cette somme a été dépensée l'année dernière et une bonne partie sera dépensée cette année. Maintenant, du fait que le gouvernement a repoussé la date butoir du 31 mars — et permettez-moi de parler de cela parce qu'il s'agit d'un autre grave problème cette façon dont il a procédé — une partie de la somme sera dépensée l'année prochaine.

(1920)

Disons que 20 milliards de dollars du plan de relance ont été dépensés cette année et pourraient justifier une partie du déficit. Si on déduit ce montant du déficit de 56 milliards de dollars, il reste tout de même 36 milliards de dollars. Le déficit est dû à la mauvaise gestion. Il n'est pas attribuable à la récession mondiale ou à la nécessité d'y faire face, mais à la mauvaise gestion. C'est trop d'argent qu'on n'a pas et qu'on emprunte pour dépenser 36 milliards de dollars.

Honorables sénateurs, le gouvernement voulait que la date limite du plan de relance soit le 31 mars pour ne pas avoir à compter une partie de ces fonds l'année prochaine, au cas où l'année prochaine il pourrait commencer à présenter le déficit de façon plus avantageuse. Encore une fois, le gouvernement oublie — parce qu'il n'est pas en mesure de gérer adéquatement — que toutes les municipalités ont dû précipiter leurs projets pour respecter cet échéancier. Ce faisant, elles ont entraîné une augmentation de leurs coûts. Elles ont dû dépenser beaucoup d'argent qu'elles n'auraient peut-être pas dépensé si le gouvernement ne s'était pas adonné à des jeux politiques pour faire meilleure impression l'année prochaine.

Honorables sénateurs, le déficit ne sera pas beaucoup plus bas cette année et je doute qu'il le soit l'année prochaine. Que fait-on lorsqu'on est aux prises avec un déficit de 56 milliards de dollars? Eh bien, on achète des chasseurs sans faire d'appel d'offres. Ce n'est pas particulièrement responsable sur le plan budgétaire et, selon les prévisions, cela nous coûtera au moins 3 milliards de dollars sans que cela ne soit nécessaire. En outre, des milliards de dollars sont investis dans des prisons qui n'aideront pas à rendre la société plus sécuritaire, au contraire. Puis, il y a le problème avec les Émirats arabes unis et le Camp Mirage, qui coûtera 300 millions de dollars, seulement d'après ce que nous savons. Combien nous en coûtera-t-il pour louer la nouvelle base aérienne pendant quatre ans pour poursuivre la mission en Afghanistan?

Comment le premier ministre réagit-il? Honorables sénateurs, il réagit sans faire preuve du leadership nécessaire. Il ne réduit pas ses dépenses. Au contraire, il augmente de 30 p. 100 les dépenses de son bureau. Pourquoi agit-il ainsi? Il ne le fait sûrement pas dans le cadre d'une analyse stratégique productive ou encore, Dieu seul le sait, pour mieux administrer son Cabinet et son gouvernement. Il gonfle ses dépenses parce qu'il veut intensifier encore et encore la propagation de son message, car il refuse obstinément de faire face à la réalité.

Honorables sénateurs, en observant la situation, je me demande comment je pourrais croire, comment nous pourrions croire, que le gouvernement gérera le pays différemment à l'avenir. Je pense qu'il y a au moins deux problèmes. Premièrement, l'idéologie ne fonctionne pas. Parfois, le gouvernement doit s'associer avec le secteur privé, avec des particuliers, pour faire avancer les choses.

Le leadership du gouvernement est essentiel à plusieurs égards et souvent mis à profit de la façon appropriée. Il arrive au gouvernement de l'admettre, car, au moment crucial, il lui arrive d'abandonner son idéologie et d'intervenir pour mettre en œuvre des mesures de relance ou de laisser tomber son idéologie pour intervenir et sauver la Potash Corporation pour le Canada. Il y a de cela, mais il s'agit également d'un dogme. S'il était entièrement noir ou blanc, le monde serait si simple. En fait, c'est ainsi que nous voudrions le voir, mais cela ne fonctionne pas.

Le troisième aspect qui me préoccupe est celui des affaires étrangères. Honorables sénateurs, regardez ce qui est arrivé à notre image de prestige dans le monde. Nous n'avons pas obtenu le siège convoité au Conseil de sécurité de l'ONU et nous avons perdu notre base aérienne aux Émirats arabes unis, ce qui a coûté une fortune. Selon bien des témoignages, les gens nous perçoivent très différemment à l'étranger. C'était évident à Cancún. Pourquoi cela est-il arrivé? Premièrement, nous avons refusé de montrer le moindre signe de respect envers la Chine pendant quatre ans. Quand le premier ministre a enfin daigné se rendre en Chine, il a été réprimandé, sur la scène internationale, en public, par le premier ministre chinois. C'est incompréhensible, mais c'est ce qui s'est produit.

Nous n'avons pas réussi à comprendre ni à saisir l'importance de la santé maternelle à l'échelle internationale. Comme les soins génésiques ont été oubliés dans notre politique, nous avons perdu énormément de crédibilité. Je me souviens de la froideur manifestée à notre égard par la secrétaire d'État Clinton lors d'une conférence de presse internationale. Elle n'a pas fait de conférence de presse commune avec notre ministre. Jamais on n'avait vu pareille chose.

Les États-Unis ne nous ont pas aidés à obtenir notre siège à l'ONU. Pourquoi? Parce que nous avons été complètement inutiles à Copenhague, entre autres, dans le domaine des changements climatiques. Nous ne les avons pas le moindrement appuyés. Je pourrais continuer ainsi.

Honorables sénateurs, si nous n'avons pas le même poids sur la scène internationale que par le passé, que se passe-t-il pour les Canadiens? Qui aura le poids, le pouvoir et la présence nécessaires pour défendre la chasse aux phoques? Qui aura le poids, le pouvoir et la présence voulus sur la scène internationale pour défendre les sables pétrolifères de l'Alberta? Qui aura le poids et le pouvoir nécessaires pour négocier de solides accords de commerce international avec des pays qui nous regarderont comme ils ne l'ont jamais fait? Qui pourra défendre Israël si nous n'avons aucun poids au sein de la communauté internationale? Qui aura une importance et d'où proviendra-t-elle? Nous n'avons plus rien de cela. Nous avons perdu tout cela à cause d'un dogme qui, à mon avis, est tout simplement inefficace.

Honorables sénateurs, à mon avis, ces difficultés s'expliquent par certains problèmes structuraux ici qu'aucun fait évoqué, à notre intention, par le sénateur Marshall ne pourra faire disparaître. Je pense que les faits dictent nos attentes, en réalité. Nous nous heurtons à un obstacle idéologique, et il faut parfois intervenir. Cette idéologie n'est pas toujours efficace, à coup sûr. Le monde n'est pas noir ou blanc tout le temps. Il y a des enjeux complexes qui exigent des décisions et des solutions complexes.

Je crois que l'absence de collaboration entre le gouvernement fédéral et les provinces est un vrai problème. En effet, en cinq ans, le premier ministre n'a rencontré les premiers ministres qu'une fois, pendant deux heures et demie, au 24, promenade Sussex, lors d'un souper. Pourquoi ne pas rencontrer les représentants des 10 provinces et des trois territoires et collaborer avec eux? Cette collaboration ne consoliderait-elle pas nos relations et notre synergie? Or, ce n'est pas le cas, pas du tout. Si vous étiez premier ministre, une personne sensée, ne voudriez-vous pas rencontrer les premiers ministres pour voir comment diriger ce pays ensemble, collaborer et rassembler les gens? C'est le seul moyen de renforcer les liens.

Vous allez probablement vous fâcher contre moi, parce que je vais dire quelque chose de blessant, mais de toute façon vous êtes perpétuellement fâchés contre moi. Le fait est qu'il y a un problème — et je ne puis que porter un regard externe, mais je m'appuie sur des données empiriques — sur le plan du leadership.

Les grands leaders s'attaquent aux grands problèmes. Ils s'y attaquent et ils les règlent. C'est ce que font toujours les grands leaders. Or, ce gouvernement ne s'attaque pas aux grands problèmes. Posez-vous la question suivante : quel héritage ce gouvernement lèguera-t-il au pays? Qu'a-t-il fait pour améliorer le Canada? Qu'a-t-il fait pour rendre les gens plus heureux, plus prospères ou plus optimistes face à l'avenir? Qu'a-t-il fait pour lutter contre les changements climatiques? Posez-vous la question. Essayez d'y répondre honnêtement. Honnêtement, je dirais qu'il n'a rien fait qui vaille.

L'autre point en matière de leadership, honorables sénateurs, c'est que les grands leaders attirent et retiennent des gens talentueux. Je ne dis pas qu'il n'en a pas autour de lui; il en a peut-être. Une des personnes les plus talentueuses était Jim Prentice, un homme d'envergure. Il a quitté la vie politique. Je trouve cela révélateur. Un jour, lorsqu'il estimera avoir été suffisamment sous-estimé, probablement que Peter MacKay partira, lui aussi.

Enfin, et cela m'a frappé lorsque j'ai vu le premier ministre demander des rapports spéciaux sur les panneaux publicitaires liés au plan de relance économique, notre premier ministre était tellement obnubilé par les panneaux publicitaires qu'il prenait le temps d'examiner des rapports à ce sujet. Qui se soucie du déficit de 56 milliards de dollars alors qu'il y a les panneaux publicitaires? Qui se soucie du prolongement de la mission en Afghanistan alors qu'il y a ces panneaux? Qui se soucie des soins de santé alors qu'il y a ces panneaux? C'est à la fois consternant et anecdotique, mais il n'en demeure pas moins que son bureau est jonché de rapports. Si j'entre dans le bureau d'un PDG canadien, je verrai un bureau immaculé. J'ai déjà vu les bureaux d'autres premiers ministres. Il n'y a rien sur le leur, car ils ne sont pas ensevelis sous la paperasse. Ils ont du temps. Ils ont libéré leur bureau et peuvent penser. Je crois que le gouvernement conservateur a un premier ministre qui veut absolument tout contrôler, en pure perte.

En fait, ce pays est, de toute évidence, très complexe, beaucoup trop pour qu'une seule personne tente de le contrôler et de le diriger. Je crois qu'il y a un problème de structure. C'est mon opinion. J'ai peut-être tort, mais nous verrons avec le temps. Ce que je sais, c'est que nous avons en ce moment des problèmes de structure, que ce gouvernement s'est autogéré depuis cinq ans, et que je ne vois aucune preuve permettant de croire, alors que nous sommes sur le point de lui accorder 4,2 milliards de dollars de plus, que ces problèmes de structure vont être résolus. C'est, je crois, le nœud de ce débat.

 

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